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Historique de l'hantavirus en France

La France métropolitaine vit avec le virus Puumala depuis au moins les années 1980, époque où la première sérologie spécifique a été mise en place dans le Nord-Est. La maladie suit un rythme cyclique dicté par la dynamique de population des campagnols roussâtres, son réservoir naturel. Tous les deux à trois ans, une année épidémique tire les chiffres vers le haut, suivie d'une ou deux années calmes. Cette page reprend les principaux jalons documentés par le CNR Hantavirus de l'Institut Pasteur.

Le décompte annuel depuis 2010

Voici la série officielle des cas confirmés en laboratoire en France métropolitaine, source CNR Hantavirus. Les nombres correspondent aux confirmations sérologiques ou par RT-PCR du virus Puumala et de quelques cas Seoul ou Tula sporadiques.

Sur la période 2005-2024, le CNR a diagnostiqué 2 046 cas de fièvre hémorragique avec syndrome rénal en France métropolitaine, soit une moyenne de 102 cas par an. La moyenne 2012-2023, plus représentative de la décennie récente, monte à 108.

Le pic épidémique de 2012

L'hiver 2011-2012, particulièrement doux et marqué par une forte fructification des hêtres, a déclenché une explosion démographique des campagnols dans les massifs forestiers du Nord-Est. Le printemps 2012 a vu 154 cas confirmés sur l'année, concentrés sur les Ardennes (34 cas), la Meuse, les Vosges et le Doubs. Trois cas ont été signalés en région parisienne chez des personnes ayant séjourné en zone endémique.

L'année record 2017

La poussée 2017 (184 cas) a touché un territoire plus large, incluant la Picardie et le nord de l'Île-de-France. Les Ardennes ont totalisé à elles seules 41 cas. C'est aussi l'année où le CNR a observé une remontée significative dans le Jura, signe que la zone endémique s'étendait vers la Franche-Comté.

2021, l'année de tous les records

L'année 2021 reste l'épidémie la plus intense documentée en France métropolitaine. 321 cas confirmés, soit plus du triple de la moyenne décennale. Le Jura a battu un record départemental historique avec 134 cas, le Doubs 71 cas, les Ardennes 20 cas. La conjonction d'une fructification exceptionnelle des hêtres en 2020 et d'un printemps humide en 2021 a créé les conditions idéales pour une expansion massive des populations de campagnols, et donc pour une cascade de contaminations humaines.

Pour les fiches détaillées des départements les plus touchés : Jura (39), Doubs (25), Ardennes (08), Vosges (88).

2024, une année dite "inter-épidémique"

Le CNR a confirmé 78 cas en 2024, dont 55 typés Puumala, un cas Seoul (Rhône) et 21 confirmés par sérologie. 57 % des cas se trouvent dans les départements du Nord, de l'Aisne, des Ardennes, de la Meuse et de la Moselle. 40 % se concentrent sur les foyers historiques de l'Avesnois, de l'Aisne et des Ardennes. L'âge médian des patients est de 46 ans, avec une nette surreprésentation masculine (84 %), conforme aux activités d'exposition.

2026, l'irruption du virus Andes

Le premier trimestre 2026 a vu 19 cas confirmés en France métropolitaine, dans la moyenne saisonnière. La grande nouveauté de l'année arrive en mai avec le cluster du navire de croisière MV Hondius. Pour la première fois, le virus Andes (souche sud-américaine, syndrome pulmonaire à hantavirus) touche des résidents français, contaminés en mer ou pendant l'escale d'Ushuaia.

L'arrêté du 9 mai 2026 impose une quarantaine ferme de 42 jours en milieu hospitalier pour les cas contacts. À la date du 15 mai 2026, 26 cas contacts français sont identifiés, tous asymptomatiques, et une patiente positive est hospitalisée en réanimation à Paris. Le détail est tenu à jour sur la page cluster Hondius.

C'est la première fois depuis le début de la surveillance française qu'une souche d'hantavirus à haute létalité circule sur le territoire national. La situation reste maîtrisée grâce à l'identification précoce des contacts, mais l'épisode redéfinit la perception du risque en France pour les années à venir.

Les départements les plus touchés sur la dernière décennie

Au cumul 2014-2024, le classement par incidence et par nombre absolu de cas est le suivant :

Les cas hors zone d'endémie

Chaque année, le CNR identifie quelques cas isolés en dehors du Nord-Est. Ces signaux concernent typiquement :

Ces cas restent statistiquement marginaux mais font l'objet d'une investigation systématique pour identifier d'éventuels nouveaux foyers de circulation.

Comparaison européenne

À l'échelle de l'Union européenne, l'ECDC a recensé 1 885 cas d'hantavirus en 2023, le dernier rapport annuel disponible. La Finlande et l'Allemagne représentent à elles seules 60,5 % des cas. La France se situe dans la moyenne basse européenne, avec une incidence très inférieure à celle des pays nordiques.

Sources et données

Pour la méthodologie complète de Hantamap, voir la page sources et méthodologie.