Les souches d'hantavirus expliquées
Le mot hantavirus regroupe en réalité plusieurs dizaines de souches virales différentes. Chacune circule dans un rongeur précis, sur un territoire précis, et provoque une maladie d'une gravité variable. Comprendre quelle souche on a en face change tout, autant pour le pronostic que pour le risque réel d'exposition selon où l'on vit.
Voici les principales souches connues en santé humaine, classées par continent et par pertinence pour la France.
En France métropolitaine
Virus Puumala
La seule souche véritablement endémique en France, présente dans le quart nord-est. Hôte : le campagnol roussâtre. Provoque une fièvre hémorragique avec syndrome rénal, le plus souvent modérée. Entre 50 et 300 cas confirmés par an selon les cycles de populations de rongeurs. C'est la souche qui fait la moyenne historique des ~100 cas annuels que tu vois dans les bulletins du CNR Hantavirus.
Virus Andes
Pas endémique en France, mais arrivé sur le territoire en mai 2026 via le cluster du navire de croisière MV Hondius. Provoque le syndrome pulmonaire à hantavirus, beaucoup plus grave que la forme Puumala. La seule souche pour laquelle une transmission interhumaine a été documentée. Voir aussi le suivi en cours sur la page cluster Hondius.
Présentes ponctuellement
Virus Seoul
Circule mondialement via le rat surmulot (Rattus norvegicus). Quelques cas sporadiques chaque année en France, généralement liés à un milieu urbain dégradé, à des cohabitations avec des rongeurs en cave ou en sous-sol, ou à des animaleries. Provoque une atteinte rénale et hépatique, avec une gravité intermédiaire.
Virus Dobrava-Belgrade
Présent surtout dans les Balkans et l'Europe centrale, hôte le mulot à collier jaune. Sa gravité est nettement plus élevée que Puumala, avec une létalité pouvant atteindre 10 %. Aucune circulation autochtone documentée en France à ce jour.
Hors d'Europe
Virus Hantaan
La souche historique, isolée en 1976 près de la rivière Hantan en Corée. Hôte : la souris rayée. Responsable de la fièvre coréenne, une FHSR sévère qui touche plusieurs milliers de personnes par an en Asie de l'Est. Létalité de 5 à 15 %.
Virus Sin Nombre
Présent en Amérique du Nord, hôte la souris sylvestre. Provoque, comme Andes, un syndrome pulmonaire avec une létalité élevée (30 à 40 %). Découvert lors de l'épidémie des Four Corners en 1993. C'est la souche que surveille le CDC américain à travers une trentaine de cas confirmés par an aux États-Unis.
Virus Maripa
Souche sud-américaine plus rare, identifiée en Guyane française. Forme pulmonaire, létalité élevée.
Pourquoi ça compte de connaître la souche
Toutes les souches ne donnent pas la même maladie ni la même mortalité. Confondre les chiffres mondiaux d'hantavirose (dominés par la FHSR asiatique) avec la réalité française (Puumala, modérée) brouille la perception du risque. Le CNR Hantavirus à l'Institut Pasteur identifie systématiquement la souche par sérologie ou RT-PCR : c'est ce diagnostic moléculaire qui oriente la prise en charge et le pronostic.
Carte des cas en France et dans le monde
La carte de Hantamap distingue les signalements par souche quand l'information est disponible. Les points rouges représentent les cas confirmés en laboratoire, les orange les cas suspects, les pâles les signalements de presse en attente de confirmation.
Voir la carte interactive · Calculer ton risque personnel
Sources
- Centre national de référence des Hantavirus, Institut Pasteur. Bulletins de surveillance
- ECDC. Hantavirus factsheet
- OMS. Hantavirus fact sheet