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Virus Andes : la souche d'hantavirus la plus dangereuse

Le virus Andes (ANDV) est une souche d'orthohantavirus sud-américaine. Il circule en Argentine et au Chili, dans le cône sud du continent, où il provoque chaque année plusieurs centaines de cas de syndrome pulmonaire à hantavirus avec une létalité qui dépasse 30 %. Sa particularité virologique fait de lui un cas à part. C'est la seule souche d'hantavirus connue pour laquelle une transmission directe d'humain à humain a été documentée, ce qui le distingue radicalement des autres hantavirus.

Le virus Andes est arrivé pour la première fois en France métropolitaine en mai 2026, à l'occasion d'un cluster maritime survenu à bord du navire de croisière MV Hondius. Tu peux consulter le suivi en temps réel et la trajectoire complète du navire sur notre page dédiée au cluster Hondius.

Origine et hôte naturel

Le virus tire son nom de la cordillère des Andes, où il a été isolé pour la première fois en 1995 à la suite d'une épidémie dans la région d'El Bolsón en Patagonie argentine. Son réservoir naturel est un petit rongeur sauvage, le rat-pêcheur à longue queue (Oligoryzomys longicaudatus), qui peuple les forêts tempérées d'Argentine et du Chili austral.

Comme pour les autres hantavirus, le rongeur excrète le virus dans son urine, ses fèces et sa salive sans être malade. L'humain se contamine en respirant des poussières contaminées, lors de contacts directs en zone rurale ou dans des hébergements précaires fréquentés par les rongeurs. La pénétration dans le corps se fait par voie respiratoire.

La transmission interhumaine, une exception virologique

Les hantavirus se transmettent en règle générale uniquement du rongeur à l'humain. Le virus Andes est l'exception documentée. Plusieurs épidémies en Argentine, notamment celle d'Epuyén en 2018, ont mis en évidence des chaînes de transmission entre personnes proches, à travers les gouttelettes respiratoires lors de contacts rapprochés et prolongés.

C'est ce qui rend le cluster du navire MV Hondius si singulier. Un huis-clos maritime de plusieurs semaines, avec proximité physique entre passagers et personnel, crée les conditions exactes où la transmission interhumaine peut s'exprimer. C'est aussi pour cette raison que les autorités sanitaires françaises ont imposé une quarantaine ferme de 42 jours en milieu hospitalier pour les cas contacts identifiés, alors que la durée maximale d'incubation connue est d'environ 35 à 42 jours.

La maladie qu'il provoque

Le virus Andes provoque le syndrome pulmonaire à hantavirus, ou hantavirus pulmonary syndrome (HPS). C'est une maladie radicalement différente de la FHSR provoquée par Puumala en Europe. Au lieu d'une atteinte rénale, c'est le poumon qui est la cible principale.

L'évolution clinique typique se déroule en deux phases :

  1. Phase prodromiquede 3 à 7 jours, avec fièvre, myalgies, céphalées, troubles digestifs. C'est une phase grippale banale qui ne permet pas de poser le diagnostic cliniquement.
  2. Phase cardiorespiratoire brutale, marquée par un œdème pulmonaire massif, un état de choc et une détresse respiratoire aigüe. Sans soins intensifs disponibles (ventilation, ECMO), la mortalité atteint 40 à 50 %. Même avec un plateau technique optimal, la létalité reste autour de 25 à 35 %.

Il n'existe à ce jour ni vaccin homologué ni traitement antiviral spécifique validé. La prise en charge repose sur le support hémodynamique et respiratoire en réanimation. C'est pourquoi la priorité absolue est d'identifier précocement les cas contacts et de les isoler.

La situation en France en 2026

Avant 2026, aucun cas autochtone de virus Andes n'a jamais été décrit en France. Les rares cas observés concernaient des voyageurs revenus malades d'un séjour en Patagonie. Le réservoir animal, le rat-pêcheur sud-américain, n'est pas présent sur le territoire national.

Le cluster du navire MV Hondius change la donne. Pour la première fois, des passagers français contaminés en mer ou pendant l'escale d'Ushuaia ont été rapatriés en France. La situation au 15 mai 2026 mise à jour quotidiennement :

La ministre de la Santé a confirmé en conférence de presse du 12 mai qu'il n'existe à ce jour "aucun élément en faveur d'une circulation diffuse du virus sur le territoire national". Les 26 cas contacts sont des personnes ayant fréquenté de près un cas positif, pas des cas confirmés. Cette distinction est essentielle pour lire correctement les chiffres relayés par la presse.

Pourquoi le virus Andes est si dangereux

Plusieurs facteurs convergent et expliquent la sévérité supérieure d'Andes par rapport à Puumala :

Quel risque pour la population française

À ce stade, le risque pour la population générale reste faible. Il n'y a pas de réservoir animal d'Andes en France, donc pas de circulation autochtone possible à long terme. Le scénario d'inquiétude porte sur une transmission interhumaine en chaîne à partir des cas confirmés rapatriés. C'est précisément ce que la quarantaine de 42 jours imposée par l'arrêté du 9 mai 2026 cherche à prévenir.

Notre calculateur de risque intègre la dimension Andes pour les personnes ayant voyagé récemment en Argentine, au Chili, ou ayant été en contact avec un passager du MV Hondius. Pour la grande majorité des Français qui ne sont dans aucun de ces cas, le risque Andes est nul.

Suivre l'évolution du cluster

Hantamap met à jour en continu les chiffres du cluster Hondius à partir des Disease Outbreak News de l'OMS et des communiqués du ministère de la Santé. La page cluster MV Hondius détaille la trajectoire du navire, le décompte par pays, et les sources mobilisées.

Comparer avec les autres souches

Pour situer Andes dans la famille des hantavirus, va voir la page vue d'ensemble des souches ou la fiche détaillée de Puumala, qui reste la principale préoccupation française en année normale.

Sources